Avis nouvelle SOUVENIRS A VENDRE – Philip K. Dick

souvenirs à vendre - we can remember it for you wholesaleTitre                                 Souvenirs à vendre

(We can remember it for you wholesale)

Auteur(s)                         Philip K. Dick

Date 1ere parution         1966

Pages                                33

 

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Synopsis

La manipulation de souvenirs est le pain quotidien de la société Mémoire S.A. Tout se passe bien jusqu’au jour où Doug Quail passe la porte de la firme pour se faire implanter des souvenirs de Mars.



Résumé

    Douglas Quail, petit fonctionnaire de Chicago (sur la planète Terra) travaillant à l’Office d’émigration de la côte Ouest, rêve de manière obsessionnelle de Mars. Seuls les agents du gouvernement et les personnes haut placées ont le privilège de pouvoir y aller, or Quail ne fait partie d’aucune de ces catégories et sa femme Kristen n’a de cesse de le lui rappeler.

    Un matin, il va pourtant décider de se rendre sur Mars, par le bien de l’agence Mémoire S.A . Cette société propose, moyennant de coquettes sommes d’argent,  des illusions apparemment si convaincantes qu’elles s’implanteraient en tant que souvenirs dans le cerveau.

    Quail émet de gros doutes quant au prix et à la qualité de la prestation : comment cela peut il lui sembler réel alors que ça ne l’est pas ? McClane, l’homme qui est en charge de son cas chez Mémoire lui explique que ses souvenirs lui paraîtront on ne peut plus réels, et afin d’aller en ce sens il aura mêmes des preuves physiques et réelles de son voyage (passeport, certificats de vaccination, cartes postales, films…). Le petit plus je dirais, réside dans le fait que Quail ne se souviendra même pas d’être allé dans les locaux de Mémoire. McClane ajoute même que s’il avait le moindre souvenir de sa venue en ces lieux, le moindre doute quant à son voyage, il serait intégralement remboursé. En plus d’aller sur Mars, Quail a émis le souhait d’être un agent secret chez Interplan, et McClane lui explique simplement « Vous ne pouvez ni être agent secret ni vous rendre pour de vrai sur Mars […] mais vous pouvez l’avoir été et y être allé ». Le souvenir extra-factuel serait même tellement convaincant  qu’à la différence d’un voyage réel pour lequel nous oublions rapidement les détails, ceux du voyage irréel resteraient précis et intactes. Si Quail était réellement allé sur Mars, il aurait oublié une grande partie de son voyage alors que là il se souviendra de tout dans les moindres détails. Pour l’implantation profonde des souvenirs, le patient est plongé dans un coma artificiel, puis on lui injecte une substance contenant les fameux souvenirs crées par des experts qui ont passé des années sur Mars. Quail accepte non sans éprouver une certaine peur, l’étrange sensation que quelque chose va foirer et suis les techniciens.

      Cette implantation est de plus banales et McClane ne supervise donc pas l’opération. Mais alors qu’il  vide le contenu des pochettes de souvenirs factuels (livre de codage, émetteur….) un technicien le rappelle et le prie de venir voir, car Quail, sous sédation suite à l’injection de Narkidrine, est inconscient mais cri que sa couverture a été percée. Le seul problème est que les techniciens ne lui ont pas encore injecté de souvenirs puisqu’il n’y a pas de place dans son cerveau, ce qui est totalement inhabituel.

        Il clame qu’il est resté 1 mois sur Mars en tant qu’agent d’Interplan mais pas de son plein gré. Il pense d’ailleurs que sa femme est au courant. Mais la drogue l’enfonce plus profondément dans le sommeil et il retrouve alors la personnalité qui était la sienne lorsqu’il se présentât chez Mémoire S.A.

     La situation selon le technicien est la suivante : « Il veut qu’on lui implante un faux souvenir qui correspond à un voyage qu’il a effectivement accompli. Avec un faux motif qui est en réalité le vrai ». Il semblerait que ses souvenirs aient été effacés par l’armée, ce qui fait qu’ils ne remontent à la surface que lorsqu’il est sous sédation. McClane et les 2 techniciens présents, Lowe et Keeler, décident d’un commun accord de le ranimer sans lui injecter de souvenirs et de le ramener chez lui. Il y a de fortes chances cependant qu’il se souvienne être allé chez Mémoire. Aucun souvenir ne lui est donc implanté, le contenu des pochettes ne sera pas déposé chez lui et la moitié de la somme qu’il a versé lui est remboursée.

Dans le taxi qui le conduit à son domicile, Quail se dit soulagé d’être revenu de son voyage d’un mois sur Mars, pense aux formes de vie qu’il a ramené et qui se trouvent dans une boite dans sa poche. Mais surprise : lorsqu’il y plonge sa main, en lieu et place de la petite boite, il trouve une enveloppe contenant de l’argent et un billet de McClane. Il décide de retourner chez Mémoire et en route appelle sa femme en lui expliquant qu’il est allé sur Mars mais qu’il s’agirait d’un voyage simulé. Sur place il exige le remboursement intégral qui lui avait été promis s’il se souvenait être venu ici, estimant de plus que le souvenir à mal été implanté.  McClane accepte immédiatement de le rembourser dans son intégralité et hésite à lui dire la vérité au sujet de ce qu’il s’est réellement passé. Il le met simplement en garde en lui conseillant de ne parler à personne du souvenir même flou qu’il a de son prétendu voyage sur Mars.
De retour chez lui, il tombe par hasard sur une boite contenant des espèces martiennes. Il explique donc a sa femme qu’il a 2 souvenirs (postulats) qui co-habitent en lui : il est allé sur Mars, et il rêve à la fois d’aller sur Mars mais ne pourra jamais s’y rendre. Atterrée par tant d’inepties, Kristen le quitte et c’est à ce moment qu’un agent d’Interplan braque son arme sur lui, affirmant haut et fort qu’ils savent ce qu’il a fait aujourd’hui, ce qu’il a pensé, et qu’il se souvient de son voyage sur Mars grâce a un implant télé-transmetteur qu’il a dans le crâne (plasma vivant de Luna qui vit à l’intérieur de son cerveau). Tout ce qu’il pense ou dit est transmis à l’agent par le biais d’un petit bouchon positionné dans son oreille, et tout ce qu’il pense peut ainsi se retourner contre lui. Mais ce qui inquiète le plus la police est que sous l’effet de la Narkidrine, Quail a révélé beaucoup de choses à McClane et ses hommes. Il rétorque que c’est un souvenir mal implanté par Mémoire, mais en y repensant bien, les souvenirs concernant le contenu de la boite retrouvée chez lui, lui semblent bien réels, à moins qu’il ne s’agisse d’un artefact dont McClane lui avait parlé.

Le fait que Quail ait autant retrouvé la mémoire inquiète la police car il peut leur porter préjudice. Le soucis est que si ses souvenirs sont effacés il retournera indubitablement chez Mémoire pour voyager sur Mars en tant qu’agent secret et tout recommencera. Or, la société ne dépend pas de leur juridiction, ils sont donc impuissants.

            Un second flic arrive et Quail se souvient de sa mission sur Mars. Le policier veut le tuer mais il est déjà trop tard : Doug se souvient de tout y compris comment se battre de manière efficace et tuer de sang froid puisqu’il a été formé pendant 5 ans par Interplan pour être un assassin, un tueur professionnel. Il s’échappe donc de son appartement sans la moindre difficulté.

            Dans la rue, il se met à penser que sa vie aurait été beaucoup plus simple s’il n’était pas allé chez Mémoire et aimerait qu’on lui implante le souvenir d’une vie tranquille. Soudain, une voix qu’il entend dans sa tête lui explique que c’est tout bonnement impossible, mais Quail insiste et la voix lui propose alors de se rendre, en échange d’un remaniement de sa mémoire si cela est possible sinon il sera éliminé. Il décide de se rendre et part pour NY direction la 5eme avenue.

              Les psychiatres d’Interplan mettent en lumière le réel fantasme sous- jacent de Quail sur lequel ils vont se baser pour modifier sa mémoire : il a neuf ans et marche en plein campagne lorsqu’une flotte de vaisseaux extra-terrestres venant d’une autre galaxie atterrit devant lui. Ses habitants, inoffensifs et minuscules ne peuvent être vus que par lui. Ces créatures viennent cependant pour envahir la terre  et des dizaines de milliers de vaisseaux débarqueront bientôt dès que le feu vert leur sera donné. Quail empêche l’invasion non pas en les éliminant mais en se montrant bon et généreux. Touchés, les créatures concluent un pacte avec lui : elles n’envahiront pas la Terre où Doug Quail vit tant qu’il sera vivant. Le souvenir ainsi implanté grâce à ce fantasme : Quail sera persuadé qu’il a sauvé le monde.

             De retour à Chicago il se rend à nouveau chez Mémoire avec les policiers, son souvenir de Mars est à nouveau effacé par McClane qui extrait également des objets de nouvelles pochettes, correspondant au souvenir qu’il lui sera implanté (une baguette magique, un papier de l’ONU le remerciant d’avoir sauvé la terre, une carte stellaire…). Et tout à coup, comme la fois précédente, Lowe appelle McClane en lui expliquant que Quail est sous Narkidrine, détendu mais il y a à nouveau un problème et de taille !

               Quail explique que les créatures lui ont demandé de ne rien dire à leur sujet, qu’elles lui ont donné un parchemin pour le remercier, ainsi qu’une baguette magique dont il s’est servi pour tuer la personne désignée par sa mission sur Mars. Le tout se trouve bien entendu chez lui dans son tiroir. McClane range ses pochettes d’artefacts puisqu’inutiles vu qu’il ne s’agissait pas d’un fantasme de Quail mais d’un souvenir bien réel : L’ONU ne devrait pas tarder à le remercier d’avoir sauvé Terra.


Avis

Philip K.Dick joue avec le thème du réel et du rêve, du conscient et du subconscient. Il nous balance d’un souvenir à l’autre d’une manière déconcertante : tout parait si plausible qu’on ne sait plus défaire le souvenir réel de celui implanté. La nouvelle est à la fois courte et pleine de contenu. L’auteur va droit au but, il n’utilise pas de tournures lourdes et inutiles, de descriptions : c’est à la fois concis, direct et terriblement efficace. L’action se situe principalement chez Mémoire et c’est suffisant. La nouvelle aurait pu être largement développée et devenir un roman mais en même temps elle se suffit telle quelle. Etrange sensation que de se frotter aux souvenirs de Quail et on se plait à rêver e pouvoir se faire implanter la vie dont on rêve.



Quelques différences avec le film

Je vais ici parler des des différences avec le film de 1990 de Paul Verhoeven : Total Recall. Pourquoi me direz vous? tout simplement car j’ai adoré ce film dans mon enfance  et qu’il retranscris bien la paranoïa ressentie par Quail dans le livre. Le Total recall mémoires effacées de 2012 n’est qu’un vulgaire film d’action sans scénario qui cumule les effets spéciaux et qui n’a quasiment rien à voir avec l’oeuvre originale.

Tout d’abord le héro s’appelle Quail dans le livre et Quaid dans le film. Le rôle de sa femme, interprétée par Sharon Stone,  va plus loin que dans le scénario original dans lequel le héros pense que sa femme peut être au courant de la situation : ici elle sait ce qu’il se passe et fait même partie d’une conspiration.

Il n’y a pas d’extrait de la vie sur Mars, donc pas de Mélina (prostituée qui aide Quaid), pas de femme aux 3 seins qui dit « on s’en paye une tranche », pas de Kuato chef de la résistence, ni de chauffeur de taxi Benny, ni de Cohaagen.

Je dirais tout simplement que le film est plus ou moins similaire au roman jusqu’à l’implantation du voyage sur Mars dans les locaux de Mémoire (Rekall dans le film). A partir de là tout diffère, se complique tout en respectant le côté dualité de Quail, souvenir ou réalité, conspiration……. Le film réussi avec brillot à nous embarquer dans le délire de paranoïa de Quaid. La base du roman est là puis on passe sur une oeuvre à part entière qui arrive à devenir indépendant tout en restant fidèle à l’oeuvre, ce qui n’est pas du totu le cas du remake de 2012. En bref, Verhoeven a réussi à compléter la nouvelle enfin d’en faire un roman.

Pour les petits jeunes qui ne connaissent pas le film de 1990, n’hésitez pas il est bien mieux que son remake!

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